Pour dire les choses simplement, les responsables éducatifs du monde devraient inventer un métier : celui d'accompagnateur scolaire, consistant à prendre un ou plusieurs enseignants et les accompagner au domicile de tel ou tel élève posant des problèmes. La raison de cette suggestion tient au fait que les enseignants ne connaissent pas toujours intimement leurs élèves, pas plus que certains psychologues ou médecins, qui ne voient leurs patients que dans le cadre d'un cabinet professionnel bien aseptisé !
Télévision française (TF1). Un reportage au sein du journal télévisé est consacré à un collège miné par les incivilités de ses élèves et de nombreux cas de violence. Un jeune garçon attire tout particulièrement l'attention du personnel enseignant : il a quasiment changé de comportement du jour au lendemain, se livrant à des "balayettes" très dangereuses sur ses camarades en cour de récréation. Conseil de discipline, exclusion temporaire du collège... C'est là que les reporters ont l'idée d'aller lui rendre visite chez ses parents.
Il se trouve que le garçon, sa mère et ses frères ne vivaient plus dans le domicile familial initial, la mère, gravement malade, ayant été littéralement mise dehors par le conjoint, lequel ne s'était pas gêné de "virer" toute la marmaille, dont il n'était pas le père. De là, le changement total de comportement d'un garçon doublement déstabilisé par la maladie d'une mère et la bêtise d'un beau-père. Les auteurs de ce reportage avaient eu le nez creux en allant à la source du problème. On pourrait attendre de moult reponsables et décideurs politiques la même lucidité.
C'est ce genre de choses que j'ai comprises en intervenant comme professeur particulier au domicile même de mes élèves : celui qu'on appelle quand tous les autres ont échoué. Il se trouve que mon tout premier élève était allemand, alors que je séjournais dans le pays afin de peaufiner ma connaissance de la langue. Mais on avait surtout fait des mathématiques et de l'anglais.
Toujours est-il que j'ai tenté de faire part de mon expérience de terrain à énormément d'élus et de responsables politiques, par exemple, la totalité des maires de Seine-Saint-Denis, au nord de Paris (2005), mais aussi à tous les adjoints au maire de Paris chargés des affaires scolaires entre 1994 et 2012, soit de Tibéri à Anne Hidalgo, sans nommer les quelque 200 maires de grandes, moyennes et petites villes de France métropolitaine et de l'Outre-mer. Le fait est que les réponses émanant de ces élus se sont comptées sur les doigts de la main, soit un pourcentage de l'ordre de 5%. Mais j'ai aussi pas mal écrit à des responsables étrangers, notamment en Allemagne. Et là, le taux de réponses frise les 99%. Étonnant non ?
Voilà qui va vous expliquer pourquoi j'ai décidé de réserver la primeur de ma méthode d'alphabétisation à un public allemand, moyennant le prélude qui suit : une sorte de conversation (à une voix) à bâtons rompus, durant laquelle je m'étonne que, durant la famine qui frappa l'Éthiopie il y a quelques décennies, pas une seule pirogue n'ait débarqué aux Canaries ou à Lampedusa avec son contingent de "migrants", cela parmi moult autres considérations.
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