Losqu'on observe les réseaux sociaux d'aujourd'hui et leur effervescence tous azimuts, face à la volonté de quelques indécrottables dictateurs de pacotille (cf. En cette année 2026, un certain président français de la République rêve d'interdire les réseaux sociaux aux adolescents de moins de quinze ans. La loi qu'il a fait voter par le Parlement ayant été balayée par le Conseil Constitutionnel, voilà que notre dictateur refoulé tente une sortie via la Commission Européenne, comme preuve qu'il n'a pas bien lu les textes en vigueur : dans l'Union Européenne, rien ne saurait se faire sans un vote unanime des États-membres, et ce n'est pas gagné !). Ce qui fait que, de nos jours, n'importe qui peut écrire n'importe quoi et l'afficher sur l'Internet via un réseau dédié, le tout moyennant zéro censure, en principe, hormis l'interdiction des actes de malveillance, insultes gratuites, la diffamation, et autres gestes relevant du Code Pénal.
Il se trouve que l'atmosphère régnant en Allemagne, il y a 500 ans, n'était pas très différente, avec cette imprimerie qu'un "petit" peuple alphabétisé avait appris à maîtriser, damant le pion aux clercs de l'époque, seuls détenteurs, durant des siècles, du droit d'instruire le peuple de ce que les potentats du moment souhaitaient lui communiquer.
Fini le temps des "aboyeurs" publics, parcourant les rues des villages et des bourgs en déclamant leur fameux et tonitruant "Oyez, oyez braves gens...!". Voilà venu le temps des "Druckmacher", de l'allemand "drucken" : imprimer, et Macher : "ceux qui font...". En d'autres termes et pour paraphraser l'auteur de l'ouvrage cité : "les enragés de la machine à imprimer".
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Ci-dessus, en 4ème de couverture, l'éditeur nous explique que l'imprimerie a transformé le monde, mais il a fallu une seconde génération de "natifs de l'imprimerie" ["nés avec l'imprimerie"] pour engendrer un profond bouleversement culturel, avec l'avènement des indulgences, des thèses, de la diffamation et des nouvelles sensationnelles, devenues des biens de consommation courante. Dans son ouvrage captivant et truffé de révélations, le fameux historien de l'Église Thomas Kaufmann démontre pourquoi l'étude des "natifs du numérique" d'aujourd'hui nous permet de mieux comprendre la "génération de Luther", et inversement.
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Les premières automobiles étaient des calèches motorisées ; l'ordinateur a servi de machine à écrire et les livres imprimés ont perpétué la tradition de l'écriture manuscrite. Les innovations sont d'abord utilisées dans des cadres pré-établis (soit bien avant qu'elles n'apparaissent) avant qu'une seconde génération n'exploite pleinement les nouvelles possibilités. Thomas Kaufmann décrit comment, vers 1500, une jeune génération a utilisé l'imprimerie pour se mobiliser contre la "menace turque", distribuer des indulgences et lutter pour une "réforme" de l'Église. Des imprimeurs comme Alde Manuce, des graphistes comme Albrecht Dürer, des humanistes comme Érasme de Rotterdam et Johannes Reuchlin, et des théologiens comme Martin Luther et Ulrich Zwingli se firent connaître par le biais de pamphlets et de traités, exerçant une pression considérable tous azimuts : leurs opposants étaient diffamés au sein de cercles d’influence de plus en plus fermés, et les événements étaient exacerbés pour capter l’attention d’un public encore dispersé. Comme le démontre Kaufmann, la Réforme (luthérienne) ne fut qu’un aspect de ce bouleversement culturel bien plus vaste. Finalement, les nouvelles technologies ont transformé la nature de la recherche et, grâce aux encyclopédies et aux ouvrages imprimés, la façon dont les gens percevaient le monde. |
Au final, aux Cathares (1209-1229) ainsi qu'à Jean Hus (1369-1415) et à ses disciples "hussites" véritables précurseurs des idées novatrices d'un Martin Luther et initiateurs (contrairement au prédicateur allemand) de véritables révolutions sociales, il aura manqué un outil de propagande facile d'accès et exploitable par un large public, à l'instar de la machine à imprimer. Quant à Martin Luther, il aura eu, à son corps défendant, si l'on ose dire, la chance que Gutenberg ait inventé l'imprimerie à caractères mobiles métalliques un siècle auparavant. Un véritable "game changer", pour dire les choses en anglais.
Lu dans (et traduit de) l'Encyclopedia Britannica :
Quelle a été la contribution de Johannes Gutenberg aux médias de masse ? Johannes Gutenberg a inventé la presse à imprimer mécanique au XVe siècle, ce qui a permis la production en série de documents imprimés, notamment sa célèbre Bible. L'invention de Gutenberg a ouvert la voie à une large diffusion d'informations et d'idées — telles que les *Quatre-vingt-quinze thèses* de Martin Luther et, par la suite, les journaux et les magazines. La presse de Gutenberg était révolutionnaire, car elle permettait d'imprimer 250 pages à l'heure, alors qu'auparavant, ces documents étaient réalisés à la main. Que sont les médias de masse ? Le terme « médias de masse » désigne les systèmes, technologies et organisations qui diffusent des informations, des idées, des divertissements, de la publicité et des expressions culturelles auprès d'un vaste public. Cette catégorie englobe les journaux, les magazines, les livres, la radio, le cinéma, la télévision, les sites web, les moteurs de recherche, les podcasts, les services de streaming et les plateformes de réseaux sociaux. La presse à imprimer de Johannes Gutenberg a été l'un des premiers vecteurs de diffusion de l'information auprès du grand public au XVe siècle. Cette technologie a finalement rendu possible l'émergence des journaux, des magazines et d'autres médias largement accessibles. Quel a été l'impact de la télévision par câble sur les médias de masse ? La télévision par câble, apparue à la fin du XXe siècle, a permis la création de chaînes spécialisées et d'une couverture de l'actualité en continu — une tendance initiée par le lancement de CNN en 1980. Ce phénomène a entraîné une fragmentation de l'audience et a permis aux téléspectateurs de choisir des contenus adaptés à leurs centres d'intérêt. Cette fragmentation a jeté les bases de l'environnement médiatique numérique actuel, hautement personnalisé, et a contribué à remodeler les aspects économiques, politiques et culturels de la communication de masse. |
Ce qui suit est ma traduction en français d'un texte publié sur l'Internet. Il y est question de l'impact de l'imprimerie sur la diffusion des idées ainsi que des points commmuns entre cette révolution et celle de l'Internet, de nos jours.
Imaginez le caractère surréaliste que cela devait revêtir, au XVe siècle, pour quiconque voyait un forgeron imprimer sur du véritable papier. L'évolution d'Internet au cours des vingt dernières années nous donne un aperçu de ce sentiment. En 1453, Johannes Gutenberg, issu du monde de la forge, a mis au point la presse à imprimer ; cette invention lui permettait de produire des livres plus rapidement, en plus grande quantité et à moindre coût que les manuscrits. Aujourd'hui, cinq siècles plus tard, un phénomène comparable — Internet — exerce une influence tout aussi bouleversante. Mais quels sont les points communs entre l'imprimerie de masse et le World Wide Web ? Voyons cela de plus près. Grâce à l'invention de l'imprimerie, l'information est devenue accessible à presque tout le monde. Il suffisait d'ouvrir un livre pour « nourrir son esprit ». De nos jours, si la plupart des gens utilisent Internet comme source d'information, le livre reste une référence incontournable pour beaucoup. Ces deux inventions ont favorisé l'instruction et ouvert les esprits à l'assimilation de nouvelles connaissances. En exploitant judicieusement ces ressources — livres comme Internet —, nous pouvons en retirer d'immenses bénéfices sur le plan du savoir. Malheureusement, tout le monde ne cherche pas à tirer parti des livres et d'Internet pour s'enrichir intellectuellement. Certains cherchent à influencer le public par le biais de ces médias, et pas toujours à bon escient. À mesure que l'invention de Gutenberg se diffusait, des ouvrages controversés ont commencé à voir le jour. L'un d'eux, le *Malleus Maleficarum*, décrivait les méthodes pour torturer et exécuter les « sorcières ». Cet ouvrage est resté le deuxième livre le plus lu après la Bible pendant près de deux siècles. Aujourd'hui, il est facile pour quiconque le souhaite de trouver des groupes extrémistes sur Internet, voire de les financer. Enfin, il ne faut pas négliger l'aspect social. Lire ou surfer sur Internet est une excellente chose, mais combien de fois vous êtes-vous dit : « J'aimerais que mon conjoint, ma sœur ou mon ami éteigne cet ordinateur pour que nous puissions passer du temps ensemble et discuter comme des êtres humains normaux » ? Parfois, nous passons tant de temps les yeux rivés sur nos écrans que nous ne voyons plus rien de ce qui nous entoure. Malheureusement (ou heureusement), je n'ai pas vécu au XVe siècle et je ne sais pas si les livres étaient alors des « dévoreurs de temps », tout comme l'est Internet aujourd'hui. Toutefois, je sais que lorsqu'une nouveauté fait son apparition, les gens ont tendance à s'y intéresser ; il est donc fort probable qu'il en ait été de même pour les livres. (Source) |
Retour à l'I.A. de Google et à la correspondance entre l'invention de Gutenberg et les réseaux sociaux actuels.
L’invention de la presse à caractères mobiles par Johannes Gutenberg dans les années 1450 a révolutionné la communication de masse et a agi comme un précurseur historique des réseaux sociaux modernes en permettant la diffusion massive d’idées. La révolution de Gutenberg face aux réseaux sociaux • Diffusion de masse : Avant Gutenberg, les livres et les documents étaient copiés lentement à la main. La presse a permis aux idées de devenir « virales » à travers l’Europe pour la première fois, à l’instar des contenus partagés sur les plateformes modernes. • Remise en cause des autorités : Tout comme les réseaux sociaux contournent aujourd’hui les intermédiaires traditionnels des médias, la presse a permis aux individus de diffuser directement auprès du public des pamphlets et des traités religieux — tels que les *Quatre-vingt-quinze thèses* de Martin Luther — ébranlant ainsi le contrôle d’institutions établies comme l’Église. Mutations sociales et culturelles : La circulation rapide d’informations imprimées a alimenté des mouvements historiques majeurs, notamment la Renaissance européenne et la Réforme, faisant écho aux transformations sociétales engendrées aujourd’hui par la connectivité numérique. |
On ne peut que souhaiter ironiquement "Bonne chance" à tous les aspirants dictateurs soucieux de contrôler des réseaux sociaux basés à des milliers de kilomètres. Il se dit ici ou là que de belles âmes aimeraient juguler l'expansion exponentielle de l'Intelligence Artificielle. Autant dire que ces braves gens prennent leurs désirs pour des réalités. Mais bon, laissons-les rêver !