Avertissement
J'ai énormément écrit à des responsables politiques, culturels et éducatifs de toutes obédiences en France, mais aussi en Europe, sans oublier l'Afrique et quelques grandes institutions internationales (Agence de la Francophonie, Unicef). Je ré-édite ici ce que j'affirme ailleurs : c'est en Allemagne que mes missives ont reçu l'accueil le plus favorable. Sinon, pas grand chose, voire rien de la part des politiciens français (ce pays plus centralisé que l'ancienne URSS et tellement copié par les administrations africaines, pour leur perte !). Quant aux agences sus-mentionnées ? Le machin de la francophonie est si performant que le Rwanda est devenu anglophone et que Gabon et Togo sont entrés dans le... Commonwealth !
Les associations d'entraide ? Je pourrais citer Emmaüs, la Croix-Rouge française, ainsi qu'une myriade d'associations dédiées à l'alphabétisation des immigrés en France (à l'instar des Femmes Maliennes de Montreuil-sous-bois), dont aucune n'a répondu à mes courriers, alors même que je leur proposais d'équiper gratuitement leurs militants et personnels encadrants de matériels pédagogiques de ma conception. Toujours est-il que la France reste un pays dont le système scolaire est un des plus naufragés de l'OCDE. Un simple coup d'oeil aux enquêtes PISA permet de s'en faire une très bonne idée. Lien01 Lien02
Citation : "On le voit dans le domaine des mathématiques. Les élèves français des milieux très favorisés obtiennent un score moyen de 535 aux épreuves organisées dans le cadre des évaluations dites « Pisa » de l’OCDE, contre 525 en moyenne dans l’ensemble des pays étudiés (données 2022) [1]. Les élèves français issus de milieux très défavorisés, eux, obtiennent un score de 422, les situant ainsi à un niveau inférieur à celui des élèves néerlandais, espagnols et allemands issus du même milieu social. La France est le pays qui présente l’écart de résultats le plus important entre les milieux les plus défavorisés et les plus favorisés : 113 points contre 106 points aux Pays-Bas, ou même 86 points en Espagne." (Source) |
La France, c'est ce pays dont les élites adorent se gargariser de formules ronflantes et hypocrites autour du mantra "Liberté - Égalité - Fraternité". Le seul problème est que c'est un des pays les plus élitistes du monde industrialisé, avec ses "Grandes Écoles" et son système de recrutement presque exclusivement basé sur les concours, lesquels ne laissent aucune chance de réussite aux catégories sociales les moins favorisées sur le plan éducatif. Et, comme il fallait s'y attendre, les fils et filles de... catégories nanties intellectuellement affichent d'excellents résultats, ce qui vous explique pourquoi lesdites élites (à commencer par le corps enseignant, grand bénéficiaire du système [*]) se contrefichent des mauvais résultats aux tests PISA, dès lors que leur propre progéniture échappe au naufrage.
Question : Pourquoi les Allemands sont-ils aussi réactifs quand on leur parle de culture et d'éducation ? J'ai ma petite idée et je tente de développer l'argumentation ci-dessous. Il y est question de la toute première et authentique révolution sociale et culturelle de l'Histoire, que l'Allemagne doit principalement à deux personnages, Johannes Gutenberg et Martin Luther.
Fin de l'avertissement
"J'aime tellement l'Allemagne que je préfère qu'il y en ait deux."
Les mots seraient de François Mitterrand, alors président de la république française, qui a dû assister avec dépit à la réunification tant espérée par les Allemands des deux côtés du fameux mur. Mais en cherchant un peu, on tombe sur une déclaration similaire qui aurait été proférée par un autre François, l'écrivain François Mauriac. Mais pourquoi tant de haine envers l'Allemagne, haine déguisée en amour de façade ? (Source01) (Source02) (Source03)
Toujours est-il que Mitterrand et pas mal d'autres dirigeants européens ont tout fait pour retarder l'échéance d'une réunification allemande. Les raisons de cette allergie quasi hystérique ? Un complexe d'infériorité somme toute assez compréhensible. Mitterrand aurait insisté pour que l'Allemagne se séparât de la Deutsche Mark (Mark est un féminin !) avant toute évolution de l'Union Européenne. Mais je doute que les aspects financiers aient été les seuls détonateurs de cette germanophobie. Il faut dire qu'après ladite Seconde Guerre Mondiale, l'Allemagne dépecée et occupée aurait pu s'effondrer totalement. Ce ne fut pas le cas, ni sur le plan industriel, ni sur le plan culturel. Certes, la parenthèse nazie a fait fuir un grand nombre de cerveaux allemands et autrichiens de l'autre côté de l'Atlantique, mais le monde s'est remis à adorer Wagner, à visiter les festivals de Bayreuth et de Salzburg, les villages alpestres en Bavière et ailleurs, les stations de ski..., tandis que les équipes sportives allemandes raflaient quelques trophées mondiaux, notamment dans le football. L'Allemagne s'est vu interdire toute construction d'aéronefs et a dû renoncer provisoirement à se sur-armer, mais en attendant, les Porsche, Daimler, Siemens, BMW, BASF et autres héritiers de Krupp ou d'IG-Farben ont repris du poil de la bête. Le tout en très peu de temps, quand on y songe.
Parlons de Luther. Un révolutionnaire ? Pas vraiment, ou alors, à son corps défendant ! D'abord moine défroqué, et plutôt conservateur sur le plan des moeurs - ce qui se conçoit aisément -, puis pasteur viscéralement opposé au Pape grâce au soutien de quelques princes. Seulement voilà : sans le faire exprès, il aura contribué à initier une véritable révolution culturelle qu'il n'avait pas vue venir. Cela commence avec sa traduction de la Bible, qui va donner des idées au petit peuple, lui adressant une série de doléances afin qu'il leur apprenne à lire et à écrire, réclamation tout à fait cohérente avec la mise à disposition, par Luther lui-même, des textes "sacrés" à la portée du grand public, lesquels textes n'auraient pas été grand chose sans leur diffusion via l'imprimerie inventée par Gutenberg un bon siècle plus tôt.
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Le grand public ? Des gens des villes, donc des bourgeois (au sens propre du terme : habitants d'un bourg), mais aussi des paysans. Ces derniers mènent déjà une lutte féroce contre les potentats allemands, lorsque Luther va leur apprendre à lire et à écrire, leur permettant de s'emparer de leur nouveau savoir livresque pour muscler des revendications sociales apparues plus tôt. En fait de revendications sociales, ces dernières donnent déjà lieu à de réelles jacqueries depuis un certain temps, durant une première moitié du 16ème siècle agitée par ce qu'on baptisa la Guerre des Paysans (en allemand : Bauernkrieg).
L’un des prémisses les plus connus fut, dans le Wurtemberg en 1514, le soulèvement de l’Arme Konrad, le « pauvre Konrad », organisation clandestine de défense des simples gens, avait déjà été écrasée par le sang, 1700 paysans se faisant torturer et assassiner, Reinhard Gaisser émergeant comme figure révolutionnaire au cours de ce processus. On avait affaire là à une tendance historique, une révolte anti-féodale qui ne pouvait pas temporiser avec les calculs de Martin Luther d’une réforme traversant les institutions. Le premier affrontement se d éroula alors le 13 décembre 1524 à Donaueschingen, entre les villes de Villingen et de Hüfningen. (...) Les paysans affrontèrent les troupes des féodaux et des patriciens, leur mouvement combinant des révoltes locales contre les féodaux d’un côté, d’autres luttes en faveur de la libération de prédicateurs de l’autre. (Source évaporée ?) |
Autant dire que ces Allemands, bourgeois et paysans, auxquels Luther apporte le savoir, les sortant de l'analphabétisme, vont renforcer la fièvre insurrectionnelle en cours, et ce, grâce à de nouveaux vecteurs de communication. Car, après avoir demandé à Luther qu'il leur apprenne à lire et à écrire, nos paysans vont s'emparer de l'invention de Gutenberg, comme préfiguration de nos réseaux sociaux d'aujourd'hui, pour diffuser leurs idées subversives à grande vitesse à travers tout le pays. Et à l'époque, comme de nos jours, les tentatives de museler la libre parole acquise par les populations étaient vouées à l'échec.
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Tout en haut, les doléances sous la forme d'articles adressés aux potentats locaux. Ci-dessus à gauche : un des innombrables tracts édités par les paysans allemands en pleine insurrection. À droite : débordé sur sa "gauche" par les insurgés, Luther appelle ni plus ni moins au massacre de ces bandes "mordischen" (meurtrières) et "reubischen" pillardes. |
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Écrasé militairement, le mouvement insurrectionnel populaire (au fait, la Révolution Française, ce sera quand déjà ? deux siècles et demi plus tard !) n'en a pas moins joué un rôle moteur dans l'évolution ultérieure de la société allemande, en ayant contribué à l'injection au sein de cette société du "virus" de la démocratie. C'est ainsi que les paysans allemands furent les inventeurs des tout premiers tracts (singulier : Flugblatt/feuille volante, pluriel : Flugblätter), autant dire les ancêtres des réseaux sociaux, le tout un demi-millénaire avant l'Internet 2.0 ! Et parmi les nombreuses doléances adressées par les paysans allemands aux détenteurs du pouvoir politique d'alors, figuraient, par exemple, l'exigence que chaque paroisse puisse recruter librement son pasteur et le révoquer au besoin, comme l'obligation pour les pasteurs de prêcher dans une langue compréhensible par le plus grand nombre ainsi que la nécessaire contestation des prêches, en cas de divergence d'opinions. Aujourd'hui, on parlerait bien de démocratie.
Comme preuve qu'il ne s'est pas agi d'une simple réforme religieuse, mais que cette dernière s'est accompagnée d'une réelle révolution culturelle, sociale, voire mentale, le tout plus de quatre siècles avant la fameuse Révolution Culturelle chinoise, de quoi expliquer le leadership intellectuel dont a bénéficié l'Allemagne pré-hitlérienne, et même des décennies après Hitler, à en juger par la rancoeur d'un François Mauriac ou d'un François Mitterrand, chez qui le leadership allemand, avec ses airs de Deutschland über Alles, devait générer des sueurs froides.
Le fait est que, partout ailleurs, sur tous les continents, les paysans seront la dernière catégorie socio-professionnelle à sortir de l'analphabétisme et de l'obscurantisme, des fléaux que les Allemands - grâce à Gutenberg et Luther, et malgré les vociférations de ce dernier envers les insurgés - ont réussi à juguler, plusieurs siècles avant tout le monde.
Par parenthèse, si je vous parle d'une Mercédès, votre premier réflexe sera de penser à une marque automobile allemande connue pour ses limousines fort luxueuses très appréciées des dirigeants africains et d'ailleurs et non à une ressortissante espagnole, et si j'évoque la fréquence en mégahertz d'un microprocesseur, un aéronef capable d'atteindre la vitesse de Mach 2, la faible consommation des moteurs Diesel comparés à leurs équivalents à essence, une dose de 150 Röntgen administrée à un patient lors d'une radiographie, le bacille de Koch, le courant de Humboldt ou la courbe de Gauss (pron. gaouss) je vous ai parlé allemand, le pays de Goethe, de Bach et de Wagner ayant durablement laissé son empreinte dans l'univers intellectuel, technologique et artistique du monde, et tant pis pour ces deux aigris que furent Mitterrand et Mauriac !
La morale de l'Histoire ? Elle devrait intéresser les pays dits du Tiers-monde, notamment d'Afrique, où les villles sont de plus en plus boursouflées, dans une fuite en avant désordonnée et ruineuse, avec des centres administratifs ultra-bétonnés car calqués sur le modèle européen et nord-américain, le tout dans la plus totale incohérence avec le climat, tandis que les campagnes restent maintenues dans l'obscurantisme et le sous-développement. Voyez un peu à quoi ressemblent les routes dans certains pays africains, et demandez-vous comment les campagnes pourraient se développer dans des conditions aussi apocalyptiques et quel est le touriste qui serait assez fou pour avoir envie de visiter un tel foutoir.
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Un demi millénaire après la révolution culturelle et sociale allemande, l'Afrique reste ce continent où plus de la moitié des filles ne sont pas scolarisées, continent richissime en matières premières comme le bois, mais où ce dernier est réservé à l'exportation vers les riches pays de l'hémisphère nord, et tant pis pour les indigènes, ces éternels abonnés au sous-développement, à l'image de ces hameaux faits de torchis et de paille, comme cette école de brousse qui ne ressemble à rien !
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L'Afrique du 21ème siècle, ce sont ces nuées d'enfants jamais scolarisés, occupés à casser des cailloux pour le compte des usines de ciment, ou encore travaillant comme manoeuvres sur les plantations de cacao ou de café, quand ils ne sont pas mobilisés par milliers pour creuser la terre afin de collecter cobalt et coltan, ces minerais rares si appréciés des écologistes occidentaux. Vous savez ? Ces braves gens qui ne veulent plus entendre parler du pétrole, préférant rouler dans des voitures électriques, tout en feignant d'ignorer l'origine de ces incontournables batteries équipant voitures ou téléphones portables. Les militants écologistes sont si naïfs !
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L'Afrique du 21ème siècle, ce sont aussi ces cohortes d'enfants des rues, autour de 50.000 rien qu'à Kinshasa, et dont beaucoup atterrissent en Europe où ils seront affublés du label ô combien scandaleux de "mineurs isolés" - car, que je sache, la place d'un mineur est près de ses parents, pas à des milliers de kilomètres d'eux !-, des victimes toutes prêtes à se faire recruter par les gangs de voleurs, cambrioleurs et autres trafiquants. C'est à croire que bien des dirigeants africains sont nés avant la honte. Cela dit, on peut comprendre qu'ils estiment, avec une bonne dose de cynisme, que tous ces margoulins partis pour une bien aventureuse traversée du Sahara ou de la Méditerranée constituent pour les pays de départ autant de délinquants et de criminels en moins à gérer par les gendarmes et policiers. Par ailleurs, les "migrants" qui parviennent à trouver du travail en Europe constituent une source non négligeable de devises pour les finances publiques de pays d'origine croulant sous une bureaucratie pléthorique. Sauf que nos dirigeants sont bien stupides et font un mauvais calcul, en laissant tant de futurs criminels croupir dans la rue, alors que leur déchéance est inévitable si rien n'est fait pour les sortir de ce mauvais pas ! Il est vrai que bien des États africains adorent confier la solution de leurs problèmes à des ONG étrangères !
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Vous vous doutez bien que ces gamins, qui ont fui leur bled paumé pour venir survivre de larcins et d'autres magouilles sur les trottoirs d'un bidonville, n'ont reçu aucune éducation, aucune formation professionnelle. Dans ces conditions, que leur reste-t-il à faire, une fois adultes, sinon se lancer dans une fuite en avant ? Et, au début des années 2000, cela ressemblait déjà à ce qu'on voit ci-dessous (L'Express, 13 octobre 2005).
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Ceux et celles qui sont parvenus vivants sur la côte, qu'elle soit atlantique (vers les Canaries) ou méditerranéenne (vers l'Espagne ou l'Italie) ne sont pas encore sortis de l'auberge. Il y aura encore moult chavirages et noyades. Ci-dessous, tout en bas, on aperçoit un de ces quidams fraîchement débarqué de la pirogue qui l'a mené sur une plage des Canaries. L'homme est si faible qu'il ne peut même pas tenir debout. On imagine sans peine le nombre de ses compagnons tombés à la mer durant la dizaine de jours que prend une traversée en pirogue, de même qu'on imagine sans mal le sort des gogos embarqués sur un esquif dont le moteur a rendu l'âme en plein océan..
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Les femmes ? Attendez-vous à les voir déambuler le long de trottoirs dans des quartiers glauques des villes européennes, voire au sein de bidonvilles de carton et de plastique hébergeant nos "migrants", ces pauvres femmes étant souvent exploitées par leurs propres concitoyens. Et en ce domaine, le Nigeria est un grand exportateur de margoulins en tous genres. L'image suivante nous montre un proxénète africain en conversation avec une de ses esclaves.
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C'est que lorsqu'on a commencé une carrière de délinquant en Afrique, sachant qu'on sait à peine lire et écrire, donc, qu'on n'a aucun diplôme, la voie "royale" peut-elle être autre chose que le basculement dans une délinquance de rang supérieur ? Ceux-là ne voulaient pas travailler la terre chez eux, en hommes libres, les voilà partis travailler une terre étrangère (ci-dessous, on est en Espagne et en Italie), mais comme esclaves !
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Pourquoi, parmi les élites africaines, tant de responsables font-ils, tous les jours, la démonstration de leur stupidité ? Prenez le contre-exemple de l'Inde. Les salaires moyens y sont des dizaines de fois inférieurs à ceux des pays européens ou nord-américains. Et pourtant, aucun citoyen indien n'embarquera jamais sur un frêle esquif afin de se faire enrôler comme esclave on ne sait où. Et à cela, il y a une raison simple : le pays regorge d'informaticiens de haut niveau qui, malgré la différence de salaires avec l'Occident, n'en sont pas moins, chez eux, des cadres supérieurs capables de subvenir aux besoins de leurs familles. Et si, d'aventure, il leur venait l'envie d'émigrer, c'est dans un consulat qu'ils iraient accomplir les formalités d'usage, voire en ligne, sur l'Internet, en étant certains de bénéficier dans le pays d'accueil d'un salaire conséquent. Voilà qui vous explique, a contrario, le gros retard de l'Afrique par rapport aux plus performants des pays dits émergents, parmi lesquels, outre l'Inde, il faut bien citer ces dragons asiatiques que sont la Corée du Sud, la Thaïlande, le Vietnam, la Malaisie, Singapour, des pays dévastés par des guerres il n'y a pas si longtemps et par des cyclones chaque année ! Cela étant, je reste, pour ma part, très critique à l'égard de bien des lourdeurs sociologiques minant la société indienne jusqu'à nos jours, à commencer par cette vieillerie qu'est le système des castes, la rigueur plus qu'imbécile de la dot que la future mariée doit impérativement apporter dans son trousseau, au risque de ruiner sa propre famille, sans oublier l'abomination de l'usage de l'échographie aux fins d'éliminer un maximum de foetus féminins, avec le résultat qu'on connaît : l'Inde manque de filles ! Et si seulement les grandes villes n'étaient pas si polluées !
Il n'empêche qu'à titre de comparaison, on peut dire que les pays africains mènent, dans leur écrasante majorité, une politique de développement illusoire et vouée à l'échec, dès lors qu'elle ne vise qu'à entretenir des façades urbaines entièrement calquées sur les modèles européen et nord-américain. J'inviterais volontiers les élites africaines à visiter les villes allemandes, italiennes, autrichiennes, et même le Paris hérité du Baron Haussmann... Au hasard, prenons Salzburg, ville natale de Mozart, qui ne compte pas le moindre gratte-ciel ; je ne me souviens pas en avoir vu à Vienne, Lübeck... Rome, Munich, Florence, Pise, Bâle, Zürich et une myriade de villes européennes sont des cités relativement plates sur le plan architectural, avec des bâtiments de moins de six étages pour les plus hauts. Mais, dans leur délire imitateur, voilà que moult dirigeants africains pensent que la norme, c'est le béton, surtout en hauteur (voyez un peu l'immonde Hôtel Ivoire à Abidjan !), symbole d'un véritable naufrage intellectuel et environnemental !
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L'Hôtel Ivoire, longue tige de béton à proximité d'une charmante lagune, c'est à Abidjan, Côte d'Ivoire. Franchement, on se demande bien ce que cette verrue architecturale fait là, comme si'il n'y avait pas assez d'espace tout autour! Dans les faits, lors d'une visite au Libéria, l'autocrate ivoirien Hophouët-Boigny découvre un hôtel planté comme un I dans la savane. Il se dit qu'il lui faut le même. L'architecte s'est contenté de dupliquer les plans originels, et voilà comment cette horreur sans queue ni tête a surgi dans le ciel d'Abidjan. Par parenthèse, il y a moins de 25 étages pour 100 mètres de haut. On ne peut qu'avoir de la compassion pour les malheureux résidents devant escalader les cent mètres à pied, en cas de coupure de courant, de panne d'ascenceur, tout en crevant de chaleur en cas de panne de l'indispensable climatisation. L'hôtel a été racheté et rénové par le groupe Sofitel mais semble peiner à retrouver son lustre d'antan, et à ça, il y a moult raisons !
Malgré la rénovation, des signes de vieillissement persistent : climatisations bruyantes, Wi-Fi aléatoire dans les étages supérieurs de la tour (on nous proposa des petits boîtiers au bout d’une nuit d’attente), et des ascenseurs parfois hors service. La piscine « lacustre », jadis joyau du complexe, peine à rivaliser avec celles des nouveaux hôtels d’Abidjan comme le Pullman. (Source) |
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Les raisons du déclin de la verrue ivoirienne tiennent en grande partie à la découverte par le grand public de cette branche de la connaissance qu'on appelle l'écologie, et en la matière, les architectes modernes n'ont pas été en reste, qui se sont mis à concevoir des bâtiments destinés aux touristes et adaptés au milieu environnant et au climat , tout le contraire de notre pylône en béton ! Les autres images visibles plus haut montrent des "lodges" plus respectueux du milieu naturel et installés aux Maldives, Seychelles, mais aussi au Rwanda. Dépaysement garanti pour les citadins et autres ressortissants de pays ultra-bétonnés. Moralité : à la médiocrité, nul n'est tenu !
Au lieu de passer le clair de leur temps à caricaturer les pires dérives des pays industrialisés (en recourant trop souvent, par exemple, à des architectes venus du froid et qui n'ont jamais rien bâti en milieu tropical), avec leur cortège de pollutions, de violations du milieu naturel et leur amour de la bétonisation, les dirigeants dudit Tiers-monde feraient bien de s'inspirer des exemples allemand (il y a 500 ans !) et chinois (quelques siècles plus tard). On peut donc, rétrospectivement, affirmer que le rayonnement planétaire de l'Allemagne, des siècles durant, tient au fait qu'elle fut le premier pays au monde à s'être doté d'une paysannerie instruite, chose que même la grande Chine mettra des siècles à réaliser, en parvenant à juguler la grande pauvreté (2018), même si tout n'est pas encore parfait.
Pour mémoire : le dispositif administratif mis en place par le Canada dans sa politique migratoire s'avère particulièrement sélectif, dès lors qu'il exige des candidats à l'émigration qu'ils se connectent sur des sites dédiés sur l'Internet. Du coup, la sophistication du protocole dissuade quiconque ne saurait pas se servir d'un ordinateur. Il s'ensuit qu'il existe au Canada une diaspora africaine, et notamment maghrébine, bien éduquée (avec 45% de détenteurs d'un diplôme universitaire, versus 19% seulement pour la moyenne nationale canadienne. Le fait est que cette diaspora maghrébine est loin de générer les mêmes problèmes que son alter-ego française (taux élevés de délinquance dans tous les domaines, échec scolaire, trafics divers et variés, dont celui du haschich, importé du Maroc). Le plus fameux gang marseillais ne s'est-il pas baptisé lui-même DZ-Mafia, en référence à l'Algérie ?
"Ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons !" (Victor Hugo). Je pourrais sans peine paraphraser cet avis en affirmant que la création d'écoles jusqu'au plus profond des campagnes africaines devrait contribuer à anéantir l'activité des gangs criminels responsables de ces transferts abjects de misérables hères incultes débarquant régulièrement aux Canaries, à Lampedusa, voire en Grèce. Tous les parisiens connaissent désormais la fameuse colline du crack, avec ses silhouettes fantômatiques tenant à peine debout. Toujours est-il que beaucoup de ces zombies viennent d'Afrique.
Par chance, les contre-exemples existent, comme celui évoqué plus haut, de la diaspora maghrébine au Canada. En France, on a vu Djibril Bodian, un jeune boulanger africain, remporter le concours de la meilleure baguette d'Île-de-France, dont une des gratifications était de livrer du pain à la cuisine de l'Elysée durant une année entière.
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Et que dire de la jeune Déesse Djila, bâchelière à 14 ans en France ? Aux dernières nouvelles, notre ex-adolescente précoce serait médecin-radiologue. Toujours est-il qu'elle avait des parents instruits : un chercheur et une comptable originaires du Cameroun.
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Conclusion : il me semble urgentissime de faire lire un peu de Victor Hugo, mais aussi quelques Flugblätter édités il y a cinq cents ans par les paysans allemands, à tous les dirigeants et à toutes les "élites" des pays dudit Tiers-monde, en commençant par les Africains ! Et pourquoi ne pas lire aussi du Nelson Mandela ? C'est plutôt court.
L'éducation est l'arme la plus puissante qu'on puisse imaginer pour changer le monde. Nelson Mandela |
Nota bene : j'invite les rares quidams (j'en croise tous les jours) prompts à éructer: "Encore un Africain qui ne pense qu'à critiquer !", à commencer par trouver la moindre faille dans mon argumentation et à me dire en quoi ma présentation du naufrage africain serait erronée. Par la suite, ils pourront toujours consulter un de mes nombreux blogs, comme celui que j'ai expressément dédié à l'Afrique. (Lien)
Tiens donc ! Voilà qu'un métis britannique et sportif richissime se pose des questions à son tour sur l'avenir de l'Afrique. Si jamais il visite l'Afrique, Lewis Hamilton y constatera, de visu, les aberrations des constructions en béton, avec du verre à toutes les fenêtres, moyennant l'effet de serre qu'on imagine, et l'énorme consommation d'électricité pour faire marcher les climatiseurs. Il verra aussi que ce continent riche en coton importe de la merde textile venue d'Europe, laquelle merde finit dans les rivières et sur les plages, sans parler de l'autre fléau des équipements électroniques hors d'âge et hors d'usage qui ont fait la triste réputation de pays comme le Ghana. Un esclavage moderne parfaitement assumé par des dirigeants incultes et visiblement corrompus, ainsi que par des élites hors-sol transpirant à grosses gouttes dans leurs complets-vestons Francesco Smalto et autres Monsieur de Fursac.
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[*] En France, le corps enseignant représente autour de 8% des salariés (5% de la population active), quand les fils et filles de profs s'assurent autour de 42% des places dans les écoles d'ingénieurs et autres formations prestigieuses accessibles uniquement sur concours. Mais même pour aller pousser des brancards dans un hôpital ou distribuer du courrier à la Poste, vous devriez en passer par un concours. Une "méritocratie" de façade qui ne profite qu'à une petite clique mésusant sans vergogne et en toute impunité du délit d'initié.
Grands gagnants à la course de l'excellence…, les enfants de profs constituent le quart des promos de HEC, le tiers des rangs de l'X, plus de 40% des élèves de Centrale, Paris, la moitié de ceux de l'"Agro"… alors que leurs parents représentent à peine 5% de la population active. (Marie-Laure de Léotard, citée par le mensuel Capital , février 2002, p. 95). |












































