Deuxième ouvrage de notre série sur les méthodes d'apprentissage du russe. Langues pour tous est une collection bien connue en France. 40 Leçons pour parler russe ? Pourquoi pas ? L'auteur est un ancien de la prestigieuse École Normale Supérieure et professeur à l'ex-Institut des Langues Orientales, le fameux Langues'O, devenu INALCO.
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Je n'ai pas trouvé les leçons bien longues, en comparaison avec d'autres ouvrages de la collection "Quarante leçons". Mais bon. Ici au moins, contrairement à l'ouvrage présenté au chapitre précédent, on commence par la phonétique. Et Dieu sait que celle du russe est une des plus redoutables de toutes les langues européennes ! Précision utile : l'ouvrage s'accompagne d'un support audio qui facilite les choses, étant entendu que rien, dans la transcription phonétique, ni dans l'écoute d'enregistrements, ne vous permet de savoir exactement comment mobiliser votre appareil buccal et respiratoire.
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Prenez la fameuse voyelle 'ы', quasiment impossible à transcrire, et qui se prononce du fond de la gorge, voire avec le ventre. On la retrouve dans les pronoms personnels мы ты вы qui correspondent aux pronoms français tu, nous, vous.
Il faut écouter Vladimir Poutine, qui la prononce très distinctement, ce qui donne un 'i' à la fin de la syllabe, précédé d'une expiration, ce que je transcrirais par 'mHi', 'tHi', 'vHi'..., le 'H' resprésentant ce son sourd prononcé du fond de la gorge, voire du fond de la poitrine.
Plus difficile encore à prononcer que le "ы" est le 'Л', comme dans balalaïka 'балалайка', où il s'agit de bien actionner le dos de la langue contre le voile du palais, tout le contraire du "L" latin.
Et vous avez l'accent tonique, qui joue sur la prononciation des voyelles, selon qu'elles sont accentuées ou non. Exemple : 'bon', qui se dit (s'écrit) 'хорошо', avec trois 'o', mais seul le dernier est un vrai 'o' en raison de l'accent sur la syllabe, les deux autres étant convertis en 'a", ce qui nous donne : /ghharachÔ/, avec le groupe 'ghh' prononcé comme le 'ch' allemand dans Bach, Tuch, ou comme le 'j' espagnol dans Javier, Jamón.
Mais ce n'est pas tout. La phonétique russe va jusqu'à modifier la valeur de certaines consonnes, à l'instar du 'г' , l'équivalent du 'g' latin, que l'on retrouve sur la dernière image ci-dessus (гром, гроза) ainsi que dans moult termes ou patronymes russes comme Гагарин, Горький, Горбачёв (Gagarine, Gorki, Gorbachev). Seulement voilà : allez savoir pourquoi, comme pour ce foutu alphabet cursif cyrillique, quelqu'un a décidé, peut-être sous l'emprise de puissants hallucinogènes, que le 'г' allait se prononcer autrement, à savoir comme le 'v' français, ce qui nous donne des mots comme ничего ou сегодня (pron. 'nitchivÔ'/ce n'est pas grave, 'sivOdnia'/aujourd'hui). C'est quand même dingue, non ?
Voilà que nous parvenons à la quatrième leçon, et là...
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Alla dormait... Il était tôt...
L'imparfait (ou prétérit) dès la quatrième leçon, avant même d'avoir abordé des thèmes incontournables comme une approche correcte de la phonétique, le groupe nominal (article, substantif, adjectif) sous toutes ses déclinaisons : selon le genre et le nombre, sachant qu'il existe trois cas en russe : masculin, féminin et neutre.
Donc, notre prof aux Langues Orientales a estimé utile de sauter par-dessus les principes fondamentaux d'une bonne pédagogie pour nous infliger l'imparfait des verbes. Pour mémoire, au présent de l'indicatif, on obtient ce qui suit, avec divers sujets et divers verbes :
Алла спит, Алла отдыхает, Иван спит, дом закрыт, комната закрыта, окно закрыто (Alla dort, Alla se repose, Ivan dort, la maison (est) fermée, la chambre (est) fermée, la fenêtre (est) fermée), pour reprendre les termes mêmes évoqués dans la leçon.
Le degré zéro de la pédagogie !
À suivre ...









