Vu sur Arte.TV, une série sur les chemins de l'école, où il est question du parcours du combattant de bien des gamins nés dans des pays pauvres et devant se farcir, deux fois par jour, des kilomètres de chemins escarpés ou enneignés, quand ce n'est pas au milieu de secteurs hantés par des bêtes sauvages.
Un de ces reportages était consacré au Kirghizistan, ex-république soviétique. Les enfants filmés vivaient au sein de familles d'éleveurs installés dans des hameaux, voire dans des fermes isolées, à plusieurs heures de marche de l'école la plus proche. Comme presque partout, les paysans et éleveurs d'antan sont devenus de simples ouvriers allant chercher l'argent en ville dans des emplois subalternes. Les enfants doivent souvent vivre avec leurs grands-parents. Et voilà que le reportage nous mène dans une salle de classe.
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Mon attention ne pouvait qu'être attirée par les modèles d'écritures disponibles, en clair, les deux types déjà évoqués ailleurs : les caractères imprimés et l'écriture manuelle ou cursive. Le reportage précise que les petits kirghizes - soit près des deux tiers - ont du mal à l'école.
Quoi de plus normal ! ai-je pensé. Il suffirait pourtant aux autorités du pays de "virer" cette inutile écriture cursive de manière à permettre aux gamins de se concentrer sur l'essentiel, à savoir l'accès aux livres à travers les grands textes de la littérature, de la science et de la culture en général. Faute de quoi, la grande majorité de ces enfants d'origine paysanne saura, certes, lire et écrire, mais n'ira pas au-delà, se contentant de suivre le chemin des parents, contraints de quitter leurs campagnes pour aller se vendre comme travailleurs précaires relégués à la périphérie des grandes villes.
Le fait est que des solutions existent. Voilà que je découvre de bien intéressants manuels de russe pour débutants de l'éditeur Assimil.
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Que dire de cet ouvrage ? Que c'est de l'excellent travail, parfaitement adapté à de parfaits débutants. Pas d'écriture cursive, comme preuve qu'on peut très bien remplir une grille de mots en copiant les lettres d'imprimerie.
Pour le reste, les choses se présentent dans un ordre logique : alphabet, phonétique, déclinaisons (genre, nombre), groupe nominal, conjugaison..., tout le contraire des médiocres méthodes présentées précédemment. Il ne manquait qu'un support audio pour que le produit fût parfait, mais la maison Assimil édite plein d'autres manuels comportant des enregistrements sur CD audio, dont le fameux "Russe sans peine".
En résumé, c'est avec ce genre de manuels que les autorités kirghizes, et d'ailleurs, dans l'espace culturel cyrillique, devraient équiper leurs écoles primaires voire secondaires. Mais bon ! Tout le monde sait que les mauvaises habitudes ont la peau dure !














